Bien que souvent oublié, l’entretien régulier d’une pompe à chaleur est une obligation légale dont la négligence peut entraîner des pénalités financières et la perte d’avantages fiscaux. Cet article vous explique en détail la réglementation sur l’entretien des PAC, les obligations selon la puissance de votre appareil, les responsabilités du propriétaire et du locataire, ainsi que le contenu technique des visites d’entretien requises par la loi. Vous découvrirez également comment organiser ces contrôles pour préserver vos aides, optimiser les performances de votre système de chauffage et prolonger sa durée de vie.
Quand l’entretien d’une pompe à chaleur est-il obligatoire ?
La législation française impose des contrôles stricts pour chaque pompe à chaleur, basés sur sa puissance nominale et la quantité de fluide frigorigène qu’elle contient. Ces règles servent à garantir la sécurité des installations, maintenir leur bon rendement et limiter l’impact environnemental des gaz thermodynamiques. Connaître précisément ces seuils permet d’organiser correctement l’entretien annuel ou bisannuel et de rester en conformité.

Obligation légale selon la puissance du système
Depuis le décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020, l’article R.152-24 du Code de l’énergie rend obligatoire un entretien bisannuel pour les PAC dont la puissance est comprise entre 4 et 70 kW. Pour les systèmes dépassant 70 kW (principalement utilisés dans le tertiaire ou les grandes copropriétés), un contrôle minimal tous les cinq ans est requis par l’arrêté du 30 juin 2010. Ces dispositions s’appliquent à toutes les pompes à chaleur, qu’elles soient aérothermiques (air ou air-eau) ou géothermiques, et quel que soit leur lieu d’installation.
Le premier entretien d’une PAC doit être effectué dans les deux ans suivant son installation ou son remplacement, peu importe le type de système. Ce délai est crucial pour rester conforme à la réglementation, protéger votre équipement et conserver vos éventuelles aides financières.
- PAC de 4 à 70 kW : visite d’entretien obligatoire tous les deux ans (décret du 28 juillet 2020)
- PAC > 70 kW : contrôle réglementaire au moins tous les cinq ans (arrêté du 30 juin 2010)
- Systèmes avec > 2 kg de fluide frigorigène : entretien annuel imposé par la réglementation F-Gaz européenne
- PAC < 4 kW : pas d’obligation légale, mais un entretien annuel reste vivement recommandé
Ces obligations découlent des directives européennes 2010/31/EU et 2018/844/EU visant à optimiser la performance énergétique des équipements thermodynamiques tout au long de leur durée de vie. Nos contrats d’entretien vous garantissent une parfaite conformité tout en maintenant le rendement optimal de votre installation.
Fréquence d’entretien pour les PAC résidentielles
Prenons l’exemple d’une pompe à chaleur air-eau de 12 kW installée le 15 mars 2022 : le premier contrôle devra être effectué avant le 15 mars 2024, puis tous les deux ans. Cette fréquence concerne la majorité des habitations individuelles, dont la puissance se situe généralement entre 6 et 20 kW. Respecter ce calendrier est essentiel pour maintenir les performances, conserver les aides et se conformer à la réglementation sur l’entretien des PAC.
Attention : si votre système contient plus de 2 kg de fluide frigorigène (comme le R410A), un entretien annuel devient obligatoire, quelle que soit la puissance. Cette exigence du règlement F-Gaz permet de détecter rapidement d’éventuelles fuites et de réduire l’impact écologique. Pour un fonctionnement optimal, programmez votre visite d’entretien entre septembre et novembre, avant le début de la saison de chauffage.
Cas particuliers et exemptions réglementaires
Les PAC utilisées exclusivement pour la production d’eau chaude sanitaire échappent à l’obligation bisannuelle, bien qu’un entretien régulier reste conseillé pour préserver leurs performances. De même, les installations de moins de 4 kW ne sont pas soumises à cette obligation, laissant aux propriétaires la liberté d’organiser un entretien annuel adapté.
Important : les appareils installés avant le 1er janvier 2023 sont soumis aux mêmes obligations que les modèles récents, sans période de transition. Cette uniformité garantit que tous les systèmes répondent aux mêmes exigences de sécurité, d’efficacité et de performance, conformément à la réglementation sur l’entretien des PAC.
Qui est responsable de l’entretien de la pompe à chaleur ?
La répartition des responsabilités concernant l’entretien de la PAC répond à une réglementation précise, différenciant clairement les obligations du propriétaire occupant, du bailleur et du locataire. Cette clarification permet d’éviter les litiges et garantit que chaque contrôle annuel, exigé par la loi, soit effectué par un professionnel certifié pour l’entretien d’une pompe à chaleur.
La validité légale de l’intervention repose également sur la vérification des diplômes, assurances et habilitations du technicien. Ces éléments sont indispensables pour que l’attestation délivrée soit valide en cas de contrôle ou de transaction immobilière.

Obligations du propriétaire et du bailleur
Le propriétaire a l’obligation légale de maintenir l’entretien obligatoire de la pompe à chaleur selon le calendrier défini par la réglementation, même si le locataire prend en charge les coûts. Quant au bailleur, il doit informer son locataire de cette obligation, fournir l’attestation lors de la remise des clés et veiller à son renouvellement périodique.
- Archivage des documents : conserver toutes les attestations et rapports de contrôle pendant dix ans pour répondre aux demandes des assureurs ou des autorités.
- Planification des contrôles : programmer un contrôle annuel si le système contient plus de 2 kg de fluide frigorigène, ou biennal pour les PAC entre 4 kW et 70 kW.
- Responsabilité en cas d’incident : le bailleur est tenu pour responsable en cas de panne due à un défaut d’entretien, selon les conditions de l’assurance.
Dans les copropriétés, le syndic se charge de ces obligations pour les installations communes et établit souvent un contrat pluriannuel couvrant l’entretien de tous les systèmes thermodynamiques de l’immeuble.
Qualifications requises pour le professionnel intervenant
Seul un professionnel pour l’entretien d’une pompe à chaleur disposant de la certification RGE, de la qualification QualiPAC et de la capacité fluide frigorigène peut intervenir légalement. Ces certifications attestent de ses compétences techniques, de sa maîtrise de la réglementation F-Gaz et préservent l’éligibilité aux aides financières.
- Certification fluide frigorigène : autorise la manipulation et la recharge selon les normes européennes.
- Qualifications RGE ou QualiPAC : maintiennent le droit aux subventions comme MaPrimeRénov’ou les CEE.
- Équipements certifiés : utilisation d’appareils vérifiés pour mesurer pression, température et performance de la PAC.
- Assurance professionnelle : couvrant les interventions sur les systèmes thermodynamiques contenant des gaz sous pression.
À l’issue de chaque intervention, le professionnel remet une attestation détaillant les contrôles effectués, la vérification des sécurités, le niveau de fluide frigorigène et les éventuelles corrections apportées. Ce document officialise le respect de l’obligation légale et protège l’entretien de votre pompe en cas de contrôle, sinistre ou vente.
Comme tout système de chauffage, la pompe à chaleur air-eau doit faire l’objet d’une vérification annuelle obligatoire – bien moins contraignante que pour une chaudière classique. Cet entretien régulier est essentiel pour maintenir un rendement optimal et prolonger sa durée de vie (15 à 20 ans). Il comprend notamment le contrôle du compresseur, du circuit hydraulique et du fluide frigorigène, permettant de détecter préventivement toute panne éventuelle tout en respectant les normes en vigueur. En savoir plus sur l’entretien obligatoire d’une PAC
Que comprend l’entretien obligatoire d’une pompe à chaleur air-eau ?
L’entretien pompe à chaleur air-eau ne se limite pas à un simple nettoyage. C’est un processus complet encadré par la réglementation, comprenant un contrôle technique PAC minutieux, des mesures de performance précises et des vérifications de sécurité rigoureuses pour maintenir votre système de chauffage/climatisation en parfait état de marche.

Vérifications techniques et mesures de performance
L’entretien commence toujours par un nettoyage approfondi des échangeurs thermiques, car leur encrassement réduit considérablement l’efficacité du système. Le technicien procède ensuite au remplacement ou au nettoyage des filtres, inspecte les unités intérieures et extérieures, et s’assure d’une bonne circulation d’air – des conditions indispensables pour des mesures fiables.
- Vérification du compresseur et du détendeur : recherche de jeux mécaniques anormaux et détection de bruits suspects pouvant révéler une usure prématurée.
- Contrôle des connexions électriques : serrage des bornes, test des sécurités et des pressostats.
- Mesure du coefficient de performance : comparaison entre les valeurs mesurées et celles prévues par le constructeur pour identifier toute baisse significative (>10%).
Vient ensuite l’optimisation des paramètres (températures, débits, courbes de chauffe) pour adapter le système aux besoins réels du logement. Cette étape cruciale permet de maximiser le rendement tout en réduisant l’usure prématurée des composants. Chez Domos Énergie, nous appliquons rigoureusement la norme EN 14511 pour garantir des diagnostics précis.
| Opération technique | Fréquence obligatoire | Objectif principal |
| Nettoyage des échangeurs | Tous les 2 ans (4-70 kW) | Maintien du rendement optimal |
| Contrôle fluide frigorigène | Annuel si > 2 kg | Détection de fuites, sécurité |
| Mesure du COP | À chaque entretien | Validation de la performance |
| Test d’étanchéité | Annuel si > 5 Teq CO₂ | Conformité réglementaire F-Gaz |
Ce suivi régulier permet de détecter rapidement les anomalies. Par exemple, une baisse du COP de 3,5 à 2,8 sur une PAC de 12 kW entraîne environ 250 € de surconsommation annuelle pour une maison consommant 15 000 kWh. L’entretien préventif permet donc de réaliser des économies supérieures à son coût.
Contrôle du fluide frigorigène et sécurité
Le circuit frigorifique fait l’objet d’un contrôle technique particulièrement rigoureux en raison de l’impact environnemental des gaz. Le technicien mesure précisément la pression et la quantité de fluide frigorigène, puis compare ces valeurs aux spécifications du constructeur. Un test d’étanchéité est obligatoire pour tout système contenant plus de 2 kg de fluide ou dépassant 5 tonnes équivalent CO₂.
Toutes ces mesures sont consignées dans un rapport conforme à la réglementation F-Gaz et à l’arrêté du 15 décembre 2016. Cette attestation assure la traçabilité des gaz utilisés et prouve le respect des quotas réglementaires.
Le technicien vérifie également l’état des dispositifs de sécurité (soupapes, disjoncteurs différentiels, protections antigel) pour éliminer tout risque pour les occupants. Ces contrôles préventifs évitent les surpressions, les surchauffes et autres problèmes pouvant entraîner des pannes graves.
Certification et conservation des documents d’entretien
Après chaque intervention, le professionnel remet un rapport détaillé mentionnant toutes les mesures effectuées et les actions correctives entreprises. Ce document doit être conservé pendant au moins 10 ans – il est indispensable en cas de contrôle administratif ou de vente du logement, prouvant ainsi le respect de l’obligation d’entretien.
Ces justificatifs sont également nécessaires pour bénéficier des aides publiques (MaPrimeRénov’, CEE) et maintenir la validité de la garantie constructeur. Nous recommandons fortement de numériser ces documents pour en assurer une conservation pérenne.
Quels risques en cas de non-respect de l’entretien obligatoire ?
Ne pas entretenir régulièrement votre pompe à chaleur ne se limite pas à risquer une panne : cela entraîne également des sanctions administratives, des conséquences financières et des problèmes d’assurance, tout en réduisant inexorablement les performances de votre installation. Un contrôle annuel rigoureux reste la seule solution pour éviter ces désagréments cumulatifs.
Conséquences financières et perte des aides
Si vous ne pouvez pas présenter une attestation d’entretien valide, vous perdrez immédiatement le bénéfice des aides publiques comme MaPrimeRénov’ou les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), qui exigent un entretien annuel obligatoire réalisé par un professionnel RGE. Pour une pompe à chaleur à 15 000 €, cela signifie perdre entre 3 000 et 6 000 € d’aides, sans possibilité de demander d’autres subventions pour d’éventuels travaux futurs.
- Perte de garantie : le constructeur refusera toute prise en charge en cas de panne sans justificatifs d’entretien;
- Indemnisation réduite par l’assurance : en cas de sinistre lié à un manque d’entretien (fuite de fluide frigorigène, etc.), votre indemnisation pourrait être minorée, voire refusée;
- Sanctions administratives : jusqu’à 1 500 € d’amende et une mise en demeure par la DREAL si un contrôle révèle un entretien négligé;
- Réparations plus coûteuses : un manque d’entretien accélère l’usure du compresseur et dégrade l’efficacité globale du système.
Un contrat d’entretien annuel représente environ 271 € TTC, alors que remplacer un compresseur endommagé peut coûter entre 2 500 et 4 000 €. Investir dans l’entretien régulier de votre PAC protège donc votre budget, votre conformité légale et le rendement énergétique de votre installation.
Impact sur la vente et responsabilité du vendeur
Lors d’une vente immobilière, l’absence d’attestation d’entretien récente peut être considérée comme un vice caché (articles 1641 à 1649 du Code civil). L’acheteur peut alors exiger une réduction du prix ou même annuler la transaction si la pompe à chaleur est en mauvais état. Aujourd’hui, les notaires demandent systématiquement ces documents pour sécuriser juridiquement la vente.
Les sanctions en cas de non-respect de l’entretien PAC se traduisent aussi par une décote du bien : une installation sans historique d’entretien est perçue comme proche de la panne, et l’acquéreur peut négocier une baisse de 5 000 à 8 000 €. Ce montant dépasse largement le coût total d’un entretien biennal sur dix ans (environ 1 350 €).
Dégradation des performances et surcoûts énergétiques
Sans maintenance régulière, le rendement de votre pompe à chaleur peut chuter de 10 à 25 %. Une pompe à chaleur air-eau de 12 kW, initialement avec un COP de 3,5, peut tomber à 2,6–2,8 en seulement trois ans, augmentant votre facture d’électricité de 200 à 300 € par an pour 15 000 kWh de chauffage. Cette baisse d’efficacité pèse lourdement sur vos dépenses au fil des années.
La durée de vie d’une PAC bien entretenue atteint 15 à 20 ans, contre seulement 8 à 10 ans si l’ entretien de votre pompe est négligé. Un remplacement anticipé (entre 8 000 et 15 000 €) survient souvent en plein hiver, obligeant à recourir à un chauffage d’appoint coûteux. Avec un contrat d’entretien, nos clients évitent ces urgences, optimisent leurs investissements et prolongent la performance de leur système, qu’il s’agisse d’une pompe à chaleur air ou air-eau.
Foire aux questions
Est-il obligatoire de faire entretenir sa pompe à chaleur ?
Oui, l’entretien d’une pompe à chaleur est obligatoire : selon le décret du 28 juillet 2020 (article R.152-24 du Code de l’énergie), toute installation entre 4 kW et 70 kW doit passer un contrôle technique périodique. La fréquence change selon la puissance :
- Entre 4 et 70 kW : vérification complète tous les 2 ans
- Plus de 70 kW : contrôle minimum tous les 5 ans (avec entretien annuel obligatoire si + de 2 kg de fluide frigorigène)
Un contrat d’entretien est vivement conseillé : il vous protège des amendes, des pannes coûteuses et préserve vos aides publiques et garanties. C’est le meilleur moyen de respecter cette obligation légale pour votre système.
Quelle est la fréquence d’entretien d’une pompe à chaleur ?
La fréquence d’entretien de votre pompe dépend de 2 critères principaux :
- La puissance nominale : Pour les systèmes entre 4-70 kW, prévoyez un contrôle tous les 2 ans (1er entretien dans les 24 mois après installation)
- La quantité de fluide frigorigène : Dès 2 kg dans le système, l’entretien annuel devient obligatoire, même pour les petites puissances
Astuce pratique : Programmez toujours la vérification avant l’hiver ! Notez bien cette échéance dans votre contrat d’entretien pour éviter tout oubli.
Quel est le coût d’un entretien d’une pompe à chaleur ?
En moyenne, comptez 271 € TTC pour un entretien standard comprenant :
- Déplacement du technicien
- Main d’œuvre et contrôle complet
- Vérification du fluide frigorigène
- Remplacement des filtres/joints si besoin
L’option du contrat annuel (à partir de ~200 €/an) est souvent plus économique :
- Respect garanti des obligations de juillet 2020
- Prévention des grosses pannes (potentiellement 800-4000 € de réparation)
Cet investissement régulier optimise la durée de vie de votre système tout en assurant sa conformité permanente.





